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Caillebotis Métal
Glissance d'un caillebotis : classes R et volume de déplacement

Glissance d'un caillebotis : classes R et volume de déplacement

Un caillebotis antidérapant se qualifie par une classe de glissance de R9 à R13, mesurée sur plan incliné selon la DIN 51130, et parfois par un volume de déplacement de V4 à V10. Plus la classe est élevée, plus la surface reste sûre sur un plancher huileux.

Le principe de l'essai sur plan incliné

La méthode du plan incliné est la plus répandue pour les sols de locaux de travail. Un opérateur chaussé de chaussures de sécurité normalisées marche en avant et en arrière sur un échantillon du revêtement, recouvert d'une huile moteur. Le plan s'incline progressivement jusqu'à l'angle où l'opérateur ne parvient plus à se tenir sans glisser. Cet angle d'acceptation, moyenné sur plusieurs opérateurs et corrigé par un étalonnage sur des surfaces de référence, détermine la classe.

La DIN 51130, norme allemande, a servi de référence en Europe pendant des années pour ce classement. Les méthodes d'essai de glissance ont depuis été rassemblées dans la série européenne EN 16165, qui reprend notamment le plan incliné. Les fiches de produits citent encore souvent la DIN 51130 ; la mention de la norme et de l'édition utilisée permet de savoir dans quelles conditions la classe a été obtenue.

ClasseAngle d'acceptation moyenNiveau d'adhérence
R9de 6 à 10 degrésFaible
R10de 10 à 19 degrésNormal
R11de 19 à 27 degrésÉlevé
R12de 27 à 35 degrésTrès élevé
R13plus de 35 degrésExtrêmement élevé

Le volume de déplacement, de V4 à V10

Dans les milieux où une matière abondante se répand sur le sol, graisses, déchets alimentaires, boues, l'adhérence dépend aussi de la capacité de la surface à évacuer cette matière sous la semelle. Le volume de déplacement mesure le volume creux disponible entre le niveau de contact et le fond du relief, rapporté à la surface. Il s'exprime en centimètres cubes par décimètre carré et se classe en V4, V6, V8 et V10, le chiffre correspondant à ce volume minimal. Un caillebotis ajouré, dont la surface de contact se limite au chant des barres, offre par construction un fort volume de déplacement, puisque la matière tombe à travers la maille.

Ce qui rend un caillebotis antidérapant

Le chant lisse d'une barre porteuse en acier offre une adhérence correcte à sec et médiocre sur un film d'huile. Plusieurs procédés l'améliorent :

  • Crantage des barres porteuses : des dents découpées sur le chant pénètrent le film de fluide et accrochent la semelle, dans le sens perpendiculaire aux barres en particulier.
  • Crantage des entretoises : il complète l'adhérence dans l'autre direction.
  • Barres transversales torsadées sur l'électroforgé : leur relief hélicoïdal donne un accrochage multidirectionnel.
  • Revêtements chargés de grains : résine ou peinture incorporant un abrasif, appliquée sur le chant.
  • Maille resserrée : plus de chants au contact de la semelle à surface égale.

Le caillebotis cranté est décrit plus en détail sur la fiche du caillebotis cranté. Le crantage et la torsade conservent leur efficacité dans le temps ; un revêtement chargé s'use au passage et se renouvelle. Le même produit peut obtenir des classes différentes selon le sens de marche par rapport aux barres, et les rapports d'essai précisent ce sens.

Choisir la classe selon le milieu

La classe se choisit d'après la nature des fluides, la fréquence des souillures et l'inclinaison éventuelle du plancher. Les organismes de prévention, comme l'INRS en France, publient des recommandations de classe par type de local. À titre indicatif de logique, et sans se substituer à ces recommandations :

  • un atelier sec, sans fluide au sol, se satisfait d'une adhérence modérée ;
  • un atelier d'usinage avec projections d'huile de coupe appelle une classe élevée ;
  • une cuisine collective, un abattoir ou une conserverie, où graisses et déchets s'accumulent, demandent à la fois une classe très élevée et un volume de déplacement ;
  • un plancher extérieur, une passerelle de station d'épuration ou un quai combinent eau, boue, gel et feuilles, et justifient un relief marqué ;
  • un plancher en pente ou une rampe exige une classe supérieure à celle du même local à plat.

Les milieux agressifs, qui associent souillures et corrosion, sont présentés sur la fiche caillebotis en milieux humides et stations.

À retenir

  • La classe R se mesure pieds chaussés sur plan incliné huilé ; la classe V ajoute la capacité d'évacuer les souillures.
  • Le crantage et la torsade restent efficaces dans le temps, contrairement aux revêtements qui s'usent.

Les limites de la classe annoncée

La classe R décrit un essai de laboratoire sur un échantillon neuf. En service, l'adhérence évolue : le crantage s'émousse sous un trafic de chariots, les mailles se colmatent, le zinc se polit. Le nettoyage conditionne une grande partie du résultat, car un relief encrassé de graisse durcie ne joue plus son rôle. Les classes de la DIN 51130 concernent la marche chaussée ; pour les zones pieds nus, comme certains vestiaires ou bords de bassin, une autre méthode, la DIN 51097, classe les surfaces en A, B et C. Un caillebotis cranté convient d'ailleurs mal à la marche pieds nus.

Adhérence des planchers ajourés : questions courantes

Un caillebotis galvanisé lisse est-il antidérapant ?
À sec, sa surface ajourée offre une adhérence correcte. Sur un film d'huile ou d'eau savonneuse, une barre lisse devient glissante ; le crantage ou un revêtement chargé s'impose alors. La classe se lit sur le rapport d'essai du produit.
La classe dépend-elle du sens de marche ?
Oui, pour un caillebotis à barres crantées dans une seule direction. L'adhérence est meilleure lorsque la marche croise les dents. Les rapports d'essai sérieux indiquent la direction testée.
Peut-on améliorer un plancher existant ?
Un revêtement chargé de grains, appliqué sur le chant après dégraissage, améliore un plancher lisse. Il demande un entretien et un renouvellement. Le remplacement des panneaux par un modèle cranté reste la solution durable.

Les autres exigences de sécurité figurent dans la rubrique normes et sécurité.

Sources : norme DIN 51130, détermination des propriétés antidérapantes par la méthode du plan incliné ; série EN 16165, essais de glissance des surfaces piétonnières ; norme DIN 51097, zones pieds nus ; recommandations de l'INRS sur les revêtements de sol.

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