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Caillebotis Métal
Caillebotis et accessibilité des cheminements recevant du public

Caillebotis et accessibilité des cheminements recevant du public

Un caillebotis posé sur un cheminement accessible d'un établissement recevant du public doit présenter des trous et des fentes de 2 cm au plus, en diamètre ou en largeur, comme le prévoit l'arrêté du 20 avril 2017 ; les fentes s'orientent perpendiculairement au sens de la marche.

La règle paraît simple, mais elle se heurte à la façon dont les caillebotis sont désignés. Une maille se donne en entraxes, pas en vides, et une maille courante d'atelier dépasse largement la limite. Choisir un panneau compatible avec un parcours accessible revient donc à calculer l'ouverture réelle, à vérifier son orientation par rapport au flux de circulation et à traiter les raccords avec le sol voisin. La fiche reprend ces trois étapes, puis les questions de glissance et de procédé de fabrication.

Ce que l'arrêté du 20 avril 2017 impose au sol d'un cheminement

L'arrêté du 20 avril 2017 porte sur l'accessibilité des établissements recevant du public lors de leur construction et des installations ouvertes au public lors de leur aménagement. Pour les cheminements extérieurs et intérieurs, il demande un sol non meuble, non glissant, non réfléchissant et sans obstacle à la roue. Il ajoute que les trous et fentes situés dans le sol du cheminement ont un diamètre ou une largeur inférieur ou égal à 2 cm.

Un caillebotis entre dans cette exigence dès qu'il fait partie du parcours : passerelle d'accès à un bâtiment, couverture de caniveau devant une entrée, palier extérieur, grille de pied d'escalier. Les établissements existants relèvent d'un autre texte, l'arrêté du 8 décembre 2014, qui comporte des dispositions voisines à relire au cas par cas. La voirie et les logements ont aussi leurs propres textes ; le maître d'ouvrage et le contrôleur technique précisent lequel s'applique.

De l'entraxe à l'ouverture réelle : le calcul du vide de maille

La désignation d'une maille, par exemple 30 x 10, indique l'entraxe des barres porteuses puis celui des entretoises. Le vide entre deux barres vaut l'entraxe moins l'épaisseur de la barre. Avec des barres porteuses de 2 mm d'épaisseur, une maille 30 x 10 laisse donc des ouvertures d'environ 28 mm sur 8 mm. La comparaison avec la limite des 2 cm se fait sur ces vides, pas sur la désignation commerciale.

Maille (entraxes, mm)Épaisseur de barre supposéeVide approximatifLecture face à la règle des 2 cm
30 x 302 mm28 x 28 mmOuverture trop grande dans les deux sens : à écarter
34 x 383 mm31 x 35 mm environMaille d'atelier, incompatible avec un cheminement accessible
30 x 102 mm28 x 8 mmFente de 8 mm de large : admissible si elle est orientée perpendiculairement à la marche
Maille fine carrée de l'ordre de 11 x 112 mm9 x 9 mmOuverture sous 2 cm dans toutes les directions

Les valeurs du tableau sont des ordres de grandeur obtenus par soustraction ; l'épaisseur exacte des barres et des entretoises figure sur la fiche du fabricant. Une entretoise torsadée ou ronde d'un caillebotis électroforgé ne se calcule pas tout à fait comme une entretoise plate de caillebotis pressé, d'où l'intérêt de mesurer un échantillon quand le résultat frôle la limite.

Orientation des fentes et usagers concernés

Une ouverture rectangulaire de 28 mm sur 8 mm se comporte comme une fente. Sa largeur reste sous 2 cm, mais sa longueur dépasse la limite : une petite roue, l'embout d'une canne ou un talon fin peut s'y engager si la fente est parallèle au déplacement. C'est pour cette raison que les fentes se placent perpendiculairement au sens de la marche, de façon que la roue ou l'embout franchisse l'ouverture au lieu de la suivre.

Fauteuils roulants et poussettes

Les roulettes avant d'un fauteuil manuel sont étroites. Elles tombent facilement dans une fente parallèle au trajet et provoquent un arrêt brutal ou un basculement vers l'avant. Une maille fine bien orientée supprime ce risque et réduit aussi les vibrations ressenties.

Cannes, déambulateurs et talons

L'embout d'une canne mesure souvent moins de 2 cm de diamètre ; une maille fine reste donc indispensable même avec des fentes bien orientées. Sur un parcours très fréquenté, la maille carrée fine évite d'avoir à gérer le sens de la marche, utile aux croisements et sur les paliers où les flux changent de direction.

Ressauts, cadres et raccords avec le sol voisin

Le caillebotis repose généralement dans un cadre en cornière. Si ce cadre dépasse du sol fini ou si le panneau se loge en contrebas, le cheminement présente un ressaut. L'arrêté du 20 avril 2017 tolère un ressaut à bord arrondi ou chanfreiné d'une hauteur de 2 cm au plus, portée à 4 cm lorsque le ressaut présente sur toute sa hauteur une pente de 33 % au maximum. Mieux vaut viser un affleurement : cadre réglé au niveau du revêtement, jeu périphérique réduit, panneau fixé pour ne pas se soulever.

  • Régler la cornière de rive au niveau fini avant le scellement, et non après la pose du revêtement.
  • Limiter le jeu entre panneau et cadre, qui constitue lui aussi une fente.
  • Bloquer les panneaux pour éviter tout claquement ou déplacement sous une roue.
  • Vérifier qu'aucune tête de fixation ne dépasse de la surface de circulation.

Glissance et entretien sur un parcours accessible

Le sol d'un cheminement accessible doit rester non glissant, y compris par temps de pluie. Les barres crantées améliorent l'adhérence, mais une denture prononcée gêne les roues et les pieds nus ; sur un parcours accessible, une surface antidérapante modérée et une maille fine donnent souvent un meilleur compromis. Les classes de glissance et leurs méthodes d'essai sont détaillées dans la fiche sur le caillebotis antidérapant et les classes R. L'entretien compte autant : feuilles, gravillons et dépôts obstruent les mailles fines et modifient l'adhérence.

Procédé et maille : pourquoi le pressé fin domine

Les mailles fines, en particulier dans le sens des entretoises, se réalisent plus facilement par pressage que par électroforgeage. Le caillebotis pressé offre aussi une surface plane, sans saillie des entretoises, ce qui facilite le roulement. Le choix final s'appuie sur le tableau des mailles de caillebotis disponibles et sur la charge à reprendre : une maille plus serrée alourdit le panneau et modifie son comportement, sans dispenser du calcul de portée. Le même raisonnement vaut pour les grilles de caniveau en caillebotis placées devant une entrée.

À retenir La limite de 2 cm se vérifie sur le vide réel, pas sur l'entraxe annoncé. Une fente plus longue que large se place perpendiculairement à la marche, et le cadre doit affleurer le sol fini.

Les autres textes de sécurité applicables aux sols et accès sont présentés dans la rubrique normes et sécurité des caillebotis.

Sources : arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public lors de leur construction et des installations ouvertes au public lors de leur aménagement ; arrêté du 8 décembre 2014 pour les établissements existants ; fiches techniques des fabricants pour les épaisseurs de barres.

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