Une marche caillebotis est un panneau étroit, cerclé de platines latérales percées et bordé à l'avant d'un nez de marche antidérapant. Elle se boulonne entre deux limons et forme l'escalier type des passerelles et plateformes industrielles.
Anatomie d'une marche en caillebotis
La marche reprend la construction d'un panneau de plancher, réduite à la largeur d'un giron. Les barres porteuses courent d'un limon à l'autre, dans le sens de la longueur de la marche, et les entretoises les relient sur la profondeur. Plusieurs éléments la distinguent d'un simple panneau découpé :
- Platines latérales : deux plats soudés aux extrémités, percés de trous oblongs ou ronds pour le boulonnage sur les limons.
- Nez de marche : bord avant renforcé, visible et antidérapant, qui reçoit l'appui du pied en descente.
- Plat de rive arrière : il ferme la marche et rigidifie l'ensemble.
- Maille : souvent identique à celle des paliers, pour un aspect continu et une même adhérence.
La marche se fabrique en caillebotis pressé ou électroforgé, avec les mêmes finitions que les planchers. La différence d'aspect et de comportement entre les deux procédés est développée sur la fiche du caillebotis électroforgé.
Le nez de marche, zone critique de l'escalier
La plupart des chutes dans un escalier se produisent en descente, quand le talon dépasse le bord de la marche ou quand la semelle glisse sur l'arête. Le nez de marche concentre donc les exigences d'adhérence et de visibilité. Trois exécutions dominent.
| Nez de marche | Exécution | Atouts | Réserves |
|---|---|---|---|
| Cornière perforée | Cornière soudée en rive avant, aile supérieure à trous emboutis en relief | Très bonne adhérence, robuste, retient le pied | Relief agressif pour les mains et les genoux en cas de chute |
| Tôle larmée | Bande de tôle à relief en larmes sur l'avant de la marche | Surface pleine qui marque le bord, facile à nettoyer | Adhérence plus faible en présence d'huile |
| Barre crantée | Barre de rive dentelée, intégrée au panneau | Aspect continu avec un caillebotis cranté | Bord moins visible sans contraste de couleur |
Une bande de couleur contrastée sur le nez, peinte ou rapportée, améliore la perception du bord, en particulier dans les escaliers peu éclairés. Le choix d'un relief adapté au milieu, gras, humide ou sec, renvoie à la fiche caillebotis antidérapant et classes R.
Géométrie de l'escalier selon l'EN ISO 14122-3
Pour un escalier d'accès à une machine, l'EN ISO 14122-3 fixe l'inclinaison admissible, la relation entre le giron et la hauteur de marche, le recouvrement des marches, la hauteur libre au-dessus de la ligne de foulée, les paliers et les mains courantes. Elle impose surtout une régularité : toutes les marches d'une même volée ont la même hauteur et le même giron. Une première ou une dernière marche différente des autres surprend le pied, et c'est souvent là que se produit la chute.
Les valeurs limites, angles, girons et hauteurs de marche, se lisent dans le texte en vigueur de la norme. La marche en caillebotis s'adapte à ces règles par sa profondeur, qui définit le giron, et par la position des trous de ses platines, qui détermine son calage sur le limon. Les catalogues proposent des longueurs et des profondeurs de série ; un escalier hors gabarit se traite en fabrication sur mesure.
Fixation sur limons
Les limons sont des plats ou des profilés en U, percés à la demande selon le pas de l'escalier. La marche se boulonne par ses platines, avec au moins deux boulons de chaque côté. Les trous oblongs autorisent un réglage fin de l'horizontalité et rattrapent les petits écarts de fabrication. La pose suit quelques règles :
- vérifier l'entraxe des limons avant de passer la commande des marches, la longueur de marche en dépend directement ;
- contrôler l'horizontalité de chaque marche dans les deux sens ;
- serrer les boulons avec une visserie compatible avec la finition, galvanisée ou inox ;
- vérifier que le nez de chaque marche se trouve sur la même ligne de pente.
Les marches peuvent aussi se souder sur des cornières de support fixées aux limons, solution plus rigide mais définitive. Le rapprochement avec les fixations de planchers figure sur la fiche des fixations de caillebotis métallique.
Paliers et raccords en tête de volée
La marche supérieure d'un escalier se raccorde au palier sans écart de niveau ni de giron. Le palier, réalisé dans la même maille que les marches, garde le même nez antidérapant sur sa rive d'arrivée, de sorte que le pied rencontre le même relief à chaque pas. Les volées longues sont interrompues par un palier intermédiaire, dont la position et les dimensions sont encadrées par la norme. Un changement de direction se fait sur palier, jamais par des marches balancées dans un escalier industriel en caillebotis, car leur giron variable rompt la régularité exigée.
Charge et largeur des marches
Une marche se calcule comme un petit panneau sur deux appuis, avec une portée égale à l'entraxe des limons. Les efforts déterminants sont la charge concentrée d'un pied au milieu de la marche et la charge répartie d'une file de personnes. Une marche longue demande des barres plus hautes, ce qui limite la largeur des escaliers réalisables sans limon central. Au-delà d'une certaine largeur, un limon intermédiaire ou une marche renforcée devient nécessaire. Les tableaux des fabricants donnent, par longueur et par section, la charge admissible au milieu de la marche.
Escaliers en caillebotis : trois questions pratiques
- Une marche en caillebotis convient-elle à un escalier recevant du public ?
- Un escalier de bâtiment accessible au public relève de la réglementation de la construction et de l'accessibilité, pas de l'EN ISO 14122-3. Les ouvertures de la marche et le contraste du nez y sont encadrés par d'autres textes, présentés sur la fiche consacrée au caillebotis et à l'accessibilité.
- Faut-il des contremarches ?
- Un escalier industriel en caillebotis s'en passe en général. Leur absence laisse passer le bout du pied, ce que le recouvrement des marches prévu par la norme prend en compte. Une contremarche pleine peut s'ajouter si une personne travaille sous l'escalier.
- La marche peut-elle être découpée sur place ?
- Une découpe sur place supprime la platine et le nez de marche d'un côté. La marche perd sa fixation et son bord protégé ; elle se commande à la bonne longueur.
Les autres exigences liées aux accès figurent dans la rubrique normes et sécurité.
Sources : norme EN ISO 14122-3, escaliers, échelles à marches et garde-corps ; fiches de fabrication des marches et des limons.














