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Caillebotis Métal
Caillebotis PRV face au métal : où chacun garde l'avantage

Caillebotis PRV face au métal : où chacun garde l'avantage

Le caillebotis composite, ou PRV, associe une résine thermodurcissable polyester ou vinylester à des fibres de verre. Face au métal, il l'emporte sur la tenue chimique, l'isolation électrique et le poids ; il cède sur la rigidité, le comportement au feu et la résistance aux charges concentrées.

Moulé ou pultrudé : deux constructions du plancher en PRV

Le terme composite recouvre deux produits de comportement différent. Le caillebotis moulé est coulé d'une pièce dans un moule à alvéoles : fibres et résine s'y croisent dans les deux directions, ce qui lui donne un comportement proche du bidirectionnel, avec une maille généralement carrée et une forte proportion de résine. Le caillebotis pultrudé est formé de profilés en I ou en T tirés en continu à travers une filière chauffée, puis assemblés par des barres transversales ; ses fibres sont orientées dans le sens de la longueur, d'où une rigidité nettement supérieure dans le sens porteur. Les profilés pultrudés relèvent de l'EN 13706.

La résine conditionne la tenue chimique et au feu :

  • polyester orthophtalique : usage général, ambiances peu agressives ;
  • polyester isophtalique : meilleure résistance aux acides dilués et à l'eau ;
  • vinylester : acides, chlore, hypochlorite, nombreux solvants, températures plus élevées ;
  • phénolique : réaction au feu améliorée et faible émission de fumées, pour les tunnels, les plateformes en mer et les locaux confinés.

La surface reçoit soit un granulat de quartz collé, très adhérent, soit une face concave obtenue au moulage. La teinte est donnée dans la masse.

Tenue chimique, isolation et neutralité magnétique

Le PRV ne rouille pas et résiste à beaucoup d'acides, aux sels et à l'hydrogène sulfuré qui ronge l'acier dans les ouvrages d'assainissement. Cette tenue n'est pas universelle : certaines bases fortes attaquent la fibre de verre, certains solvants gonflent la résine. Le tableau de résistance chimique du fabricant se consulte pour le produit, la concentration et la température réels, et non pour la famille de résine en général.

Le composite est isolant électrique, amagnétique et transparent aux ondes radio. Il trouve sa place dans les postes électriques, les zones d'essais, les salles de mesure et à proximité des équipements sensibles aux champs magnétiques. Des versions conductrices, chargées en surface, existent pour les zones où l'accumulation de charges électrostatiques est redoutée.

Rigidité, fluage et limites de température

Le module d'élasticité d'un PRV reste plusieurs fois inférieur à celui de l'acier. À portée égale, la flèche est donc bien plus forte, et le dimensionnement se fait le plus souvent sur un critère de déformation plutôt que de rupture. Sous charge permanente, le composite flue : la déformation augmente lentement avec le temps, ce que les tableaux de charges sérieux intègrent. Chaque résine possède enfin une température maximale de service indiquée par le fabricant ; à son approche, rigidité et résistance chutent.

Face aux charges concentrées et aux chocs, le comportement diffère aussi. L'acier se déforme plastiquement et prévient avant de céder ; le composite encaisse bien les chocs modérés mais se rompt sans grande déformation préalable sous un impact violent ou une charge ponctuelle excessive.

Réaction au feu et vieillissement aux ultraviolets

L'acier est incombustible, classé A1 au sens de l'EN 13501-1. Un PRV est combustible : sa classe de réaction au feu dépend de la résine, des charges ignifugeantes et de l'épaisseur, et doit être justifiée par un procès-verbal d'essai. Les résines phénoliques offrent les meilleurs résultats en fumées et en propagation de flamme.

Au soleil, la résine se dégrade lentement en surface : farinage, perte de teinte, puis apparition des fibres. Un voile de surface, des absorbeurs d'UV incorporés à la résine ou une peinture de protection retardent ce vieillissement. L'acier galvanisé et l'inox n'ont pas cette sensibilité.

Grille de comparaison des matériaux de caillebotis

CritèrePRV (composite)Acier galvaniséInox 316LAluminium
Masse à usage comparablefaibleélevéeélevéefaible à moyenne
Rigiditéfaibleélevéeélevéemoyenne
Acides, chlorures, H2Strès bonne selon la résinemédiocre en milieu agressifbonne, limitée par les chlorures chaudsmoyenne
Isolation électriqueouinonnonnon
Réaction au feucombustible, classe à justifierincombustibleincombustibleincombustible, mais perte rapide de résistance
Ultravioletsvieillissement de surfacesans effetsans effetsans effet
Charges ponctuelles et chocsrupture peu ductiletrès bonnetrès bonnebonne
Découpe et modification sur sitesimple, poussières à captersimple, retouche du zincoutillage dédiésimple
Soudure de pièces rapportéesimpossiblepossible, avant galvanisationpossiblepossible, avec perte locale de résistance

Découper et poser un plancher composite

Le PRV se découpe au disque diamanté ou au carbure. Les poussières de fibre de verre irritent la peau et les voies respiratoires : aspiration à la source et protections respiratoires s'imposent. Chaque bord découpé doit être enduit de résine, sans quoi l'humidité et les produits chimiques pénètrent le long des fibres. Les fixations sont en général des agrafes en inox, adaptées aux épaisseurs du profilé. Côté métal, les découpes, encoches et renforts sont décrits dans la fiche panneaux sur mesure et découpes.

Situations où le métal reste préférable

  • températures élevées ou proximité de points chauds, projections de soudure, fours ;
  • exigence d'incombustibilité ou de stabilité au feu de l'ouvrage ;
  • charges roulantes lourdes, chariots, chocs de pièces lourdes ;
  • grandes portées sans appui intermédiaire, où la flèche du PRV devient rédhibitoire ;
  • besoin de continuité électrique pour la mise à la terre de l'installation ;
  • ajout ultérieur de pattes ou supports soudés.

Lorsque les chlorures sont le seul problème, l'inox constitue souvent une solution intermédiaire, présentée dans la fiche caillebotis inox.

À retenir le PRV se choisit pour la chimie, l'isolation et la légèreté, à condition de dimensionner sur la flèche et de justifier la réaction au feu. Pour la chaleur, les chocs et les grandes portées, le métal garde l'avantage.

Composite contre acier : objections courantes

Un caillebotis PRV peut-il remplacer un panneau acier sur la même ossature ?
Rarement sans modification. À hauteur de profilé égale, sa flèche est bien plus forte, si bien qu'il faut souvent un profilé plus haut ou des appuis plus rapprochés. Le tableau de charges du fabricant de PRV tranche, pour la portée réelle.
La surface d'un composite est-elle glissante ?
La finition à granulat de quartz est parmi les plus adhérentes, y compris en présence d'huile. La face concave l'est moins. Le classement se vérifie sur procès-verbal, selon les méthodes exposées dans la fiche caillebotis antidérapant et classes R.
Le composite convient-il en station d'épuration ?
C'est l'un de ses terrains d'emploi les plus fréquents, en raison de l'hydrogène sulfuré et de l'humidité permanente. Une résine vinylester ou isophtalique est en général retenue. La fiche milieux humides et stations compare les options.

Les autres matériaux sont regroupés dans la rubrique matériaux des caillebotis.

Sources : EN 13706 (profilés pultrudés en plastiques renforcés) ; EN 13501-1 (classement de réaction au feu des produits de construction).

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